Quand j’ai commencé le Yoga, je n’avais aucun attrait pour la méditation. Depuis que je suis enfant j’ai un besoin de bouger qui est vital. C’est mon tempérament et ma façon d’être. Pour moi le mouvement c’est la vie.

Je ne voyais donc pas comment j’a llais pouvoir m’asseoir et méditer alors que me poser était déjà si difficile.
Lorsque j’ai pris mon premier cours de Yin Yoga, il m’a fallu expérimenter l’immobilité. Ce fut presque l’enfer. Ne pas bouger ? Quelle idée ! Mon agitation était aussi bien physique que mentale et très intense. Mais j’ai du y prendre goût car j’ ai pris un autre cours, puis un autre. Au fil des séances c’est passé de l’enfer à du presque confortable. J’ai surtout remarqué qu’il était de plus en plus facile de lâcher prise et de m’abandonner dans les postures, ce qui n’était pas rien.
Puis j’ai suivi ma première formation de Yin Yoga. Au programme nous avions des sessions de méditations de 5 et 20 minutes. Ce fut une réelle surprise de découvrir que cette pratique pouvait être vécue sans trop d’inconfort.
Plus tard encore, j’ai suivi les enseignements de Sarah Powers, très axés sur la philosophie bouddhiste. Elle nous a fait explorer plusieurs exercices de pleine conscience orientés vers l’observation du souffle, du corps ou du mental. Ce fut mentalement un grand défi. L’image que j’avais de la méditation a volé en éclats. Il ne s’agissait pas tant de faire le vide au sens propre.

Pour un débutant le flot des pensées est tellement vif qu’il demande une attention sans cesse renouvelée sur l’exercice à faire. J’ai aimé l’idée que la méditation permet d’étendre le temps de vide entre deux événements (physiques, mentaux émotionnels).

Et que l’entraînement et la régularité permettaient d’approfondir ces épisodes.
Ma curiosité était piquée ! J’ai eu alors le désir de passer sérieusement à l’application. J’ai donc pris la décision de méditer tous les jours. En quelques années, je ne sais plus combien de fois j’ai pris cette décision. Pendant une période, je m’attelais à une pratique quotidienne avec des exercices bien précis pour finalement abandonner. Cependant, chaque tentative m’a permis d’approfondir ma pratique. Voici les points importants que ces différentes tentatives m’ont enseignées.

1. Fixer le moment favorable
Mes premiers pas ont été de méditer quand j’avais un peu de temps devant moi ou après une pratique d’asanas. J’ai choisi cette manière de procéder parce que c’était ce qui me paraissait le plus accessible. Ce n’était toutefois pas suffisant pour pratiquer avec régularité. J’ai alors placé mon temps « méditation » dans mon agenda en fonction du programme de la journée, comme un RDV avec moi-même. Mais ce temps finissait souvent par être supprimé et remplacé par un travail en cours, une tâche à finir avant ou bien une activité plus réjouissante. Méditer le matin, avant de mettre en route toute autre tâche s’est avéré le moment le plus propice. Je me sens aussi bien plus disposée et disponible. Aujourd’hui j’en arrive parfois à programmer mon réveil plus tôt pour être sûre d’avoir un temps de méditation lors de journées bien chargées.

2. Préparer le corps
Je fais parti de ces personnes qui se réveillent facilement. En peu de temps mon mental se remet en marche et j’établis ma liste de chose à faire alors que je n’ai même pas quitté mon lit. Pour éviter de me faire happer par mes pensées hyper-matinales, j’ai tenté de méditer au sortir du lit. Mais c’était sans prendre en compte la nécessité d’un réveil physique préalable ! Mon corps a du mal à passer de la longue période horizontale en mode veille à la position assise dans un effort constant pour maintenir la posture juste. Quand l’inconfort gagne du terrain mon mental se retrouve avec du grain à moudre et mes pensées passent en mode TGV. C’est pratique parce que cela me permet de gérer les « dossiers » dit urgents mais laisse peu de place pour l’introspection, le calme mental ou l’exploration d’exercices méditatifs.
Précéder la médiation d’une séquence de mouvements améliore donc ma disponibilité corporelle. Une dizaine de minutes suffisent pour un réveil en douceur : étirements, mobilisations, des articulations, jouer avec les appuis… Ce temps me permet aussi de rester en quelque sorte dans une bulle où mon mental n’est pas trop agité. Parfois je remplace les étirements en contemplant le soleil se lever le temps de siroter un thé. C’est tout aussi efficace.

3. Le temps juste
Après une retraite où nous avions médité 30 minutes chaque matin, je me suis dit que j’étais prête à tenter le même temps à la maison. Mais sans le support du groupe et dans mon propre environnement, les distractions furent trop nombreuses. Je trouvais le temps long, je regardais régulièrement mon chronomètre. Certains jours, au lieu de concentrer mon attention sur mes exercices de méditation, je redécorais mon salon. C’est fou le nombre transformations qu’à pu subir mon salon dans ma tête !
Cette fois-ci au lieu de tester ce qui allait être le mieux j’ai préféré décider quel temps dédier à ma méditation. Je cherchais une durée facile à respecter, et ce quel que soit mon agenda. 8 à 12 min semblait parfait. Choisir une fourchette laisse de la souplesse, les jours où j’ai plus de temps ou l’envie de rester plus longtemps je m’offre un supplément.

4. La discipline

Combien de fois j’ai lu et relu des passages concernant l’importance de la discipline. Je ne me rendais pas compte à quel point cela m’allait être difficle. Je n’ai que rarement dépassé 40 jours de médiation d’affilé. Et 40 jours c’est loin d’être suffisant pour créer une habitude. Je prends la chose du bon côté car je ne peux que m’améliorer ! La persévérance n’étant pas une de mes qualités, développer cette capacité me servira aussi bien dans ma pratique que dans ma vie quotidienne.
Mon objectif actuel est donc d’instaurer une DISCIPLINE. M’asseoir chaque jour quel que soit le programme de la journée. Mettre les moyens et les formes en place pour atteindre l’objectif fixé. Parfois cela consiste à se battre contre la flemme, le petit démon qui dit que rester au lit 10 minutes de plus c’est tout aussi bien… Chaque jour est une bataille, parfois je gagne, parfois non.
J’essaie toutefois de garder en tête qu’en créant cette habitude aujourd’hui, je répare l’avenir. Ainsi quand je m’offrirai le luxe de méditer à volonté, je pourrai compter sur cette habitude solide et bien ancrée.

5. Savourer les effets
Lors de mes lectures j’ai été séduite par les bénéfices potentiels associés à la méditation comme la libération du stress, une meilleure attention, comprendre et gérer ses émotions, atteindre l’illumination. Mais ces lectures s’avéraient aussi démotivantes car mes méditations ne ressemblaient en rien à un lac tranquille où tout est luxe, calme et volupté. Nombre de mes méditations étaient nulles car je ne percevais que de l’inconfort, que mes idées étaient noires et négatives, que certains exercices causaient des maux de tête ou des nausées. C’est en réalité assez commun et cela fait parti du processus. Je suis convaincue qu’il faut être courageux pour méditer régulièrement. Vous vous retrouvez avec vous-même, face à vous-même avec vos contradictions, forces et faiblesses.
A un moment j’ai ressenti le besoin de mettre de côté mes lectures et de me concentrer sur les effets que je ressentais et non ceux que j’attendais. J’ai concentré mon attention sur les effets positifs car j’avais besoin d’eux pour me motiver. Pour me rappeler que ce que je recherchais en m’asseyant sur mon cousin de méditation.
J’ai ainsi observé une différence assez importante entre mes périodes avec méditation et celles sans. Les jours avec méditation je suis plus positive, calme, je rebondis facilement quand une nouvelle situation ou un problème arrive. Je suis plus disponible aussi bien pour moi que pour les autres. Les jours sans, je me laisse vite embarquer par la morosité ambiante, je râle très facilement et l’insatisfaction est ma compagne préférée !
Depuis, quand je manque d’envie cela me sert de motivation. A d’autres moments, je me vois impatiente, pas contente, un rien m’énerve. Une petite voix s’élève dans ma tête «  Pourquoi tu t’étonnes, depuis quand tu n’as pas médité ? 3 jours ? Il serait peut-être temps de t’y remettre ! » Ce n’est pas pour autant que je me jette sur mon coussin de méditation tous les matins mais au moins je sais pourquoi j’y vais.

J’avoue, que malgré tout cela, certains jours, je sèche. Je le fais alors en pleine conscience et j’essaie de consacrer alors mon temps de méditation à une lecture inspirante sur la philosophie yoguique ou bouddhiste, ou le développement personnel. Être une meilleure personne reste ma première motivation.

Et vous quelle est votre motivation, votre recette ?